Purity de Jonathan Franzen

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Une phrase, page 669, résume bien le travail accompli par Franzen dans Purity : « Le face à face entre un meurtrier et sa victime était probablement la forme d’intimité humaine la plus forte qui existât. » L’écrivain porte ce face à face à son point d’incandescence en l’appliquant à toute dualité, celle d’Andreas Wolf dans le chapitre L’assassin n’étant que la partie émergée de l’iceberg. Les galeries qu’il creuse dans le for intérieur de chacun des personnages ne confrontent pas ceux-ci à leur Ça ou à leur surmoi, mais à l’autre moi, celui qui, parce que sa cause n’a pas été épousée, leur pourrit l’existence. L’hypothétique réversibilité de ces moi ne suggère à aucun moment une option meilleures que l’autre. Dans l’intime relation dominant – dominé, le résultat reste le même : insatisfaction pathologique. Que dire d’un roman qui avance dans ces tunnels habituellement si peu éclairés et boucle la boucle quelques huit cents pages plus loin, à l’issue d’un thriller rondement mené sur trois continents, autant de générations, et quelques décennies ? La barre est si haute que par temps clair et exceptionnellement dégagé, on la distingue à peine. Pur bonheur.

 

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